Guide de survie littéraire en période de confinement

Si vous traversez un biome tempétueux de questionnements existentiels, du type « pourquoi j’ai adopté un chat ? » ou « pourquoi le sens de la vie n’est pas 84 et plutôt sa moitié ? », je vous propose cet ouvrage:

La horde du Contrevent de A. Damasio

Eh oui ! Je ne la présente plus, j’en parle sans cesse. Oh, puis après tout je vous mets juste une citation:

Qu’importe où nous allons, honnêtement. Je ne le cache pas. De moins en moins. Qu’importe ce qu’il y a au bout. Ce qui vaut, ce qui restera n’est pas le nombre de cols de haute altitude que nous passerons vivants. N’est pas l’emplacement où nous finirons par planter notre oriflamme, au milieu d’un champ de neige ou au sommet d’un dernier pic dont on ne pourra plus jamais redescendre. N’est plus de savoir combien de kilomètres en amont du drapeau de nos parents nous nous écroulerons ! Je m’en fiche ! Ce qui restera est une certaine qualité d’amitié, architecturée par l’estime. Et brodée des quelques rires, des quelques éclats de courage ou de génie qu’on aura su s’offrir les uns aux autres. Pour tout ça, les filles et les gars, je vous dis merci. Merci.


Si vous êtes prêt à replonger dans vos bouquins de lycée, et voulez briller en société en citant du « Musset » tout en sirotant une flûte de champagne, l’air guindé, un seul livre:

Lorenzaccio de A. de Musset

Voici un extrait de la tirade magnifique et torturée du jeune noble italien:

Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ? Veux-tu donc que je sois un spectre, et qu’en frappant que ce squelette… (Il se frappe la poitrine.) il n’en sorte aucun son ? Si je suis l’ombre de moi-même, veux-tu donc que je rompe le seul fil qui rattache aujourd’hui mon cœur à quelques fibres de mon cœur d’autrefois ! Songes-tu que ce meurtre, c’est tout ce qui me reste de ma vertu ? Songes-tu que je glisse depuis deux ans sur un rocher taillé à pic, et que ce meurtre est le seul brin d’herbe où j’aie pu cramponner mes ongles ? Crois-tu donc que je n’aie plus d’orgueil, parce que je n’ai plus honte, et veux-tu que je laisse mourir en silence l’énigme de ma vie ? Oui, cela est certain, si je pouvais revenir à la vertu, si mon apprentissage du vice pouvait s’évanouir, j’épargnerais peut-être ce conducteur de bœufs – mais j’aime le vin, le jeu et les filles, comprends-tu cela ? Si tu honores en moi quelque chose, toi qui me parles, c’est mon meurtre que tu honores, peut-être justement parce que tu ne le ferais pas.


Attendez, je sais. Vous êtes un fervent admirateur de la rythmique ? Vous aimez les belles métaphores, les césures bien placées et les rimes suivies ou embrassées ? J’ai peut-être ce qu’il vous faut:

La Rose et autres poèmes de W. Butler Yeats

(Traduction par Jean Briat)

Un régal pour les amateurs de poésie romantique, imbibée d’un folklore mythologique et ésotérique, notamment dans la première partie du recueil. L’ouvrage se conclut sur des poèmes plus modernes et moins imagés, contrastant avec la fougue des premiers poèmes et du Chant d’Ossian.

Nous serions vite loin de la rose et du lys et de la turbulence des flammes,

Si nous n’étions que de blancs oiseaux, mon amour, portés sur l’écume de la mer !


Vous avez des gosses ? Des chiards tout criants ? Des ados complexés par leurs boutons d’acné ? Voici de quoi leur remettre les pendules à l’heure et leur permettre de relativiser un peu:

L’épouvanteur de Joseph Delaney

(Interviewé dans Eternal Letters)

Une belle saga qui accompagne le lecteur dans les tribulations d’un jeune apprenti épouvanteur, dont le rôle est de chasser les créatures du Malin qui arpentent le monde (ici une Grande-Bretagne fantastique):

Le point le plus élevé du Comté est marqué par un mystère. On dit qu’un homme a trouvé la mort à cet endroit, au cours d’une violente tempête, alors qu’il tentait d’entraver une créature maléfique menaçant la Terre entière. Vint alors un nouvel âge de glace. Quand il s’acheva, tout avait changé, même la forme des collines et le nom des villes dans les vallées. À présent, sur ce plus haut sommet des collines, il ne reste aucune trace de ce qui fut accompli, il y a si longtemps. Mais on en garde la mémoire. On l’appelle la pierre des Ward.


Difficile ? Vous ne trouvez pas votre bonheur dans les œuvres préalablement citées ? Dernière tentative de ma part, baroud d’honneur et tutti quanti:



LILIAN
Rédacteur

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