Sorcière de Chair – Sarah Buschmann

Avertissement: âmes sensibles s’abstenir (l’auteure me donnera raison) !
Je tiens à vous parler de ce roman lu il y a quelques temps et qui a marqué mon esprit. Son auteure a fait preuve d’un beau travail de recherche mais aussi d’un sadisme sans pareil.
Au travers d’extraits, ainsi que d’informations sur l’auteure et la maison d’édition, je souhaite vous en apprendre davantage sur cet incroyable roman, savant mélange de fantasy sombre et thriller, et duquel vous ne ressortirez sûrement pas indemnes. Je précise par ailleurs qu’il s’agit d’un one-shot.

Titre: Sorcière de Chair
Auteure: Sarah Buschmann
Éditeur: Noir d’Absinthe
Illustration: Emilie Léger
Format: Broché – 368 pages – 19.90€ / Numérique – 243 pages – 4.99€
Parution: octobre 2018
Genre: fantasy urbaine sombre / thriller

Résumé:

Australie, 2016.
Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.
Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des soeurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ?
Une chose est sûre: l’abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…

Extrait n°1:

13 janvier 2016, 10h30.
La forme prostrée n’avait presque plus rien d’humain. Sa peau décollée grossièrement, encore rattachée aux muscles à certains endroits, formait des paquets spongieux sur le sol. Le couteau avait dérapé à plusieurs reprises, pénétrant les chairs. La femme s’était vidée de son sang avant que le travail n’ait été terminé, laissant certaines parties intactes. Le mollet diaphane, encore entier, se détachait outrageusement de ce corps semblable à une pomme épluchée. Ses épaules, son cou ainsi que son bras droit étaient indemnes.

La lumière qui traversait les vitres de la coupole au-dessus de leurs têtes embrasait la scène d’un éclat mordant, presque agressif. Le sang prenait une teinte vive, éclaboussant d’un vermeil encore luisant le bois des tables de travail environnantes. Le corps gisait entre deux rangées de longs et fins bureaux. Arabella s’approcha autant qu’elle le put sans salir ses bottes. Une odeur cuivrait imprégnait l’air.

— Quelle horreur ! s’exclama une voix rauque derrière elle.

Arabella se tourna vers Nolan, son collègue, qui se frottait la bouche avec la manche de son pull. Son visage, d’une teinte verdâtre, était crispé par une grimace de dégoût. La policière en aurait souri, s’il n’y avait eu cette femme à moins d’un mètre.
— Je ne crois pas qu’un tel crime ait déjà été commis dans cette ville, murmura Arabella en contournant la masse écarlate.

— Sûrement pas ! rétorqua Nolan, choqué. Rien de semblable n’a jamais été perpétré dans ce pays !

— Tu oublies tout un pan de notre histoire, j’ai l’impression.

L’Australie de 2016 était un des pays les plus sûrs au monde, ce qui n’avait pas toujours été le cas. Les premières chasses aux sorcières des années 70 avaient entrainé une vague de violence, qui avait régressé depuis une dizaine d’années. Melbourne possédait désormais la réputation d’être une ville agréable à vivre. Le travail des policiers, dans ce contexte, consistait surtout à réguler les erreurs de conduite issues des règles étranges des croisements de cette ville ou à indiquer le chemin aux touristes égarés.

Chapitre 1

Présentation de l’auteure:

Sarah Buschmann

Book-trotteuse, Sarah aime voyager à travers les livres et dans le monde, avec une pile de romans dans son sac à dos. Grande amatrice de fantastique, son appétit littéraire s’est peu à peu élargi à tous les mauvais genres, avec une prédilection pour les romans sombres et dérangeants. Ses différents penchants se sont rencontrés dans Sorcière de Chair, publié chez Noir d’Absinthe. Il s’agit d’un polar fantasy, se déroulant en Australie, où Sarah a passé un an sur les routes.

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Source photo et biographie : Babélio

Extrait n°2 :

13 janvier 2009, 15h

Sterenn avait pris le temps de se laver et d’enfiler une robe propre avant de rejoindre sa voiture garée à un kilomètre du hameau, dans la forêt. Elle avait choisie celle qu’Aéna, sa grande sœur, préférait, sans trop savoir pourquoi. Par revanche ? Pour garder un souvenir ? Peu importait la raison, il s’agissait d’une erreur. Non seulement ce bout de tissu vulgaire et de mauvaise qualité pouvait la relier au massacre, mais en plus, Sterenn ne connaissait rien de moins pratique pour déambuler entre les arbres. Une robe de soirée échancrée, qu’est-ce qui t’a pris ? Il s’agissait toutefois d’une folie moindre que celle qui l’avait précédée ces dernières heures.

Après avoir rejoint son véhicule, d’une chaleur plus étouffante encore que l’air immobile de la forêt, Sterenn regagna Denmark. Un peu plus d’une heure de route dans cette fournaise. Sa robe, humide de transpiration, lui collait à la peau et du sang s’était incrusté sous ses ongles. Sterenn hésitait à reprendre une douche à son arrivée. Toutefois, elle ne pouvait demeurer trop longtemps dans les parages. Elle s’arrêta à quelques mètres de l’auberge de jeunesse dans laquelle elle séjournait et pénétra dans le bâtiment climatisé. Sa sueur se glaça presque instantanément. Elle jeta un coup d’oeil nerveux à l’accueil, persuadée que les actes qu’elle avait commis pouvaient se lire sur son visage. Que les personnes qui l’apercevraient s’enfuiraient en hurlant. Mais personne ne s’y trouvait. Rassérénée, Sterenn s’élança vers les escaliers. Elle voulait se dégourdir les jambes et avait toujours eu une aversion pour les ascenseurs. Le grincement de la porte se répercuta dans le silence de plomb qui nimbait les lieux. Frappée par cette observation, Sterenn s’arrêta net.

Chapitre 6

PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR

Maison d’édition à compte d’éditeur et créée en 2018, Noir d’Absinthe se spécialise dans les genres de l’imaginaire, avec un penchant assumé pour les thèmes sombres et originaux.

La maison a en effet pour objectif de se démarquer en nuançant ces genres. Elle met en avant des personnages meurtris, à vif, en quête de réponses et de rédemption. Les aspects ténébreux de ces derniers sont démontrés avec beaucoup de dureté, mais toujours avec authenticité.

Les thèmes abordés s’affranchissent par ailleurs de tout manichéisme, portant de fortes valeurs comme le féminisme, pour délivrer plus généralement des messages forts ayant pour but de sensibiliser les personnes sur les différents travers de la société, mais toujours en apportant une dose de magie et d’évasion.

Depuis les premiers romans publiés, le succès de la maison n’a cessé de croître et son catalogue n’en est que plus étoffé aujourd’hui.

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Source photo : Noir d’Absinthe

Extrait n°3 :

Joliment aménagée, bordée de petits commerces et d’arbres, la rue piétonne de Smith Street était l’une des plus agréables de Darwin. Bombardée à plusieurs reprises par les japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et dévastée par le cyclone Tracy en 1974, la ville fut entièrement reconstruite. Une bonne partie l’agglomération était moderne, sans rien de typiquement tropical, hormis la végétation.

Malgré le climat et l’aspect quelconque des lieux, Arabella conservait certains souvenirs agréables de Darwin. Arrivée en novembre, elle avait pu profiter des dernières projections du Deck chair cinéma, en plein air, installée dans un transat, sous le ciel étoilé, une bière à la main. Un des moments les plus beaux, les plus sereins de sa vie. Avant que tout ne s’écroule, dans cette même ville. Un souvenir désormais teinté d’amertume.

Ces instants avaient amorcé son intérêt pour le cinéma et les séries, lui offrant ainsi une stratégie salutaire pour tenir à distance un passé affligeant.

Présentation de l’illustratrice :

Émilie Léger

Émilie Léger est une artiste diplômée en design graphique originaire de la région de Vaudreuil-Soulanges, au Québec. Même si l’art numérique et l’écriture sont ses principaux moyens d’expression, elle priorise l’effet, la texture et l’émotion plutôt que le médium lui-même. De plus en plus dictée par une intention surréaliste, Émilie ne s’en trouve que plus accomplie; parallèlement à un cheminement axé sur la définition de son rôle en tant qu’individu créateur, elle poursuit le but de transposer visuellement la pensée littéraire et inversement, de transposer l’image en littérature. 

Cette quête est sans aucun doute intimement liée à un parcours académique et personnel très fortement influencé par le théâtre, la littérature, la musique et l’écriture.

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Source photo et biographie : Talents d’ici

Conclusion :

Vous aurez compris, notamment au travers de ces extraits, que Sorcière de Chair est un roman à ne pas mettre entre toutes les mains. Par son mélange des genres, son ambiance glauque et sa psychologie, le livre s’inscrit dans une dualité qui rappelle que l’humain est capable du meilleur comme du pire, que tout est une affaire de nuance et que tout le monde peut sombrer.

Comme je l’avais dit plus haut, Sarah a fait preuve d’un beau travail de recherche, mais surtout d’un talent indéniable, car son roman fait partie de ceux qui envoûtent et marquent l’esprit.

J’espère que grâce à cet article, vous aurez envie de découvrir ce fabuleux roman, dont le succès est amplement mérité.

Information bonus :

La maison d’édition ne s’arrêtant pas en si bon chemin, elle propose actuellement, via une campagne Ulule, un projet gothique faramineux s’inscrivant tout à fait dans les thématiques qui leurs sont chères, et qui a pour doux nom Asphodel ! Il a été écrit par Louise Le Bars (auteure de Vert-De-Lierre et dont la page facebook se situe ici) et illustré par l’artiste Flokera (page facebook)

À ce titre, plusieurs personnes ont participé à l’élaboration de ce roman :

Morgane Stankiewiez (éditrice), Sarah Buschmann (l’auteure de Sorcière de Chair), Audrey Weisseldinger (blogueuse de La tasse ébréchée) et Julien Aufderbruck.

Pour plus d’informations, retrouvez tous les détails sur le site dédié à la campagne :

https://fr.ulule.com/asphodel-roman/


FLORENT
Chroniqueur
Rédacteur

Une réflexion au sujet de « Sorcière de Chair – Sarah Buschmann »

  1. Malheureusement, pas un livre pour moi ! Je suis une âme sensible XD Je ne lis plus de thriller ni de roman trop sombre sinon je ne dors plus la nuit ! Mais comme dans ta chronique, j’ai entendu beaucoup de bien de cette ME et de ce roman !

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