BNF et Fantasy

La Bibliothèque Nationale de France (BNF) propose un contenu très intéressant autour de la fantasy.

On y découvre quatre rubriques: Jouer ; Découvrir ; Comprendre et Transmettre.

La première catégorie « Jouer« , permet de suivre une aventure interactive dans un univers de fantasy, en incarnant un héros ou une héroïne, qui doit unir plusieurs peuples et races contre le « Seigneur de l’Ombre ».

L’aspect jeu est peu exploité, la progression est relativement linéaire et il s’agit surtout de choisir des réponses pendant des dialogues, et de cliquer sur une carte pour aller d’un lieu à un autre.

Néanmoins, on apprécie le travail artistique remarquable autour des décors. La patte graphique est géniale, chaque lieu ayant une identité bien propre à son environnement, ou du moins comme on l’imagine. Le travail visuel est signé par Anato Finnstark.

La musique fait aussi la part belle à l’ambiance immersive et s’associe parfaitement aux décors et au contexte. Il est d’ailleurs conseillé par le site d’écouter avec des écouteurs ou un casque pour une immersion encore plus importante.

Un regret, c’est la stéréotypie de la fantasy. À une époque où l’on trouve de plus en plus d’idées et de projets originaux, ici on calque tout sur Tolkien. Peut-être en écho à l’exposition qui lui était dédiée dans les locaux de la BNF. En effet, on retrouve des races classiques : Nains, Elfes, Gobelins, Orcs. Une intrigue similaire (bien que simplifiée, évidemment) qui dure environ une heure à une heure et demi. Bref, peu d’originalité.

Ainsi, c’est vraiment la dimension visuelle et sonore qui offre une expérience intéressante malgré des lacunes ludiques.

Ensuite, la deuxième rubrique, “Découvrir”, propose trois petits dossiers, joliment présentés.

  • influences chrétiennes en fantasy. On y traite aussi bien les schémas qui s’en inspirent à travers des interprétations pertinentes, mais également, les œuvres qui se construisent en opposition et en critique du dogme religieux. 
  • présence des femmes dans cette littérature, tant du côté des autrices que des personnages. On y découvre une courte analyse du rôle croissant des héroïnes dans les intrigues (référence à Marion Zimmer Bradley pour sa réécriture du mythe arthurien du point de vue des femmes). Plus surprenant  : Robin Hobb (Megan LIndholm) a choisi un pseudonyme unisexe pour ne pas biaiser le ressenti du lecteur.
  • enfin, autre sujet d’actualité, le message écologique. La science-fiction est reléguée, pour une fois, malgré ses dystopies climatiques, au profit de la fantasy. On trouve plusieurs messages, héros, ou cultes voués à la nature qui transmettent un point de vue sur l’urgence climatique. Intéressant par bien des égards, certaines œuvres sautent aux yeux, alors que des interprétations cohérentes révèlent des subtilités moins évidentes de prime abord.

Bref, ce contenu offre, à travers des citations et des petits articles illustrés par de nombreuses œuvres d’art, des visions parfois délaissées sur le courant de la fantasy. Une petite vidéo en fin de chaque thème récapitule le propos, avec un style visuel minimaliste mais très esthétique (studio Amopix).

En somme, l’aspect “Jouer” offre un épisode moyennement divertissant mais plaisant pour les amateurs d’ambiances immersives. Par contre, les trois dossiers, succincts mais efficaces de “Découvrir” apportent des approches rafraîchissantes sur le genre.

Je développerai plus en détails les deux dernières catégories dans un article ultérieur.


LILIAN
Rédacteur

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